dimanche 22 août 2010

Mon bel amour de Jacqueline Woodson

La phrase du livre que j'ai retenue :

"Retirant son sac à dos, il a regardé le ciel. C'était une journée magnifique, chaude et dorée. Les feuilles avaient commencé à roussir, et les arbres de part et d'autre de la rue dessinaient de jolies ombres. Il adorait octobre. Depuis toujours. C'était un mois à la fois triste et splendide. La fin et le début des choses."

L'histoire :
Jeremiah vit à Fort Green, un quartier de Brooklyn. Ellie, elle, habite la 88e Rue dans l'Upper West Side. Elle est une jeune fille juive des quartiers riches de New York, il est un adolescent de la banlieue noire. Malgré leurs différences, ils fréquentent Percy, le même lycée. Et, par un jour de pluie et de rentrée des classes, c'est le coup de foudre. Mais ce qui paraît évident pour eux deux, leur amour, l'est beaucoup moins pour leur entourage, pétri de préjugés. Finalement, peut-on être heureux impunément ?

Mon commentaire : J'ai retrouvé en lisant ce livre, la joie des lectures adolescentes. En peu de pages, l'auteur nous offre un voyage dans une histoire toute simple, à grands traits, qui reste gravée en tête longtemps après la lecture. Il y a la lumière de New York, les grands arbres de Central Park et le frémissement des premières amours adolescentes qui ne laissent jamais indemnes.

Un Lieu-Des Livres : Le Bateau Livre à Pénestin


Au Bateau Livre à Pénestin, on peut boire de doux sirops (violette, rose) tout en lisant un choix de livres raffiné. Cette librairie-café est un rêve pour tout lecteur. Pour la trouver, il faut serpenter sur les petites routes du Morbihan. Quelques maisons en pierre et la voilà ! Dehors, des petites tables installées sous une tonelle en canisse. Dedans, juste devant la porte, il y a le bar et des tables qui présentent des livres choisis avec intérêt. Ah, oui, sur la gauche, un petit escalier de bois. On le gravit, ça grince et on dévouvre avec ravissement un petit grenier garni. Ce sont les BD et livres illustrés. Il y a un petit tourniquet et un fauteuil club, qui accueille les lecteurs curieux et apaisés par un endroit vraiment pas comme les autres. Un bonheur.


Pour aller y faire un tour virtuel :
http://bateaulivre-penestin.pagesperso-orange.fr/

samedi 21 août 2010

La Tête en friche de Marie-Sabine Roger


Première phrase : "J'ai décidé d'adopter Margueritte."
L'histoire : Germain est un grand enfant qui vivote dans une caravane nichée au fond du jardin de son acariâtre de mère. Il passe ses journées entre le bistrot où il retrouve le cuisiner, Zekouc et ses copains, Pelletier, Landremont et Jojo. Le soir, il se réfugie dans les bras d’Annette. Et certains après-midi, il va au parc s’asseoir sur un banc pour compter les pigeons. C’est là qu’il rencontre Margueritte, “son petit rire, sa robe à fleurs et ses cheveux violet.”
Margueritte vient de la maison de retraite voisine. Et au fil de leurs rencontres, elle va faire découvrir à Germain, l’amour des livres et des mots.
Mon commentaire : La Peste de Camus, Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda, L’Enfant de la haute mer de Jules Supervielle. Voilà le voyage littéraire auquel est convié Germain. Margueritte a tout compris de Germain. Elle l’écoute, le guide, lui apporte un peu d’amour : tout ce que Germain n’a jamais reçu étant enfant.
Et aussi, elle plante la petite graine dans le potager en friche de Germain ; elle lui apporte la curiosité et l’amour des mots. Le temps venu, Germain pourra lui aussi aider Margueritte, dont la vue décline peu à peu.
Germain sait désormais lire : on sent qu’à son tour, il saura faire le passeur de mots. C’est beau. Parce qu’on se dit qu’il n’est jamais trop tard pour que 2 êtres se rencontrent, se comprennent et s’apportent à l’un et à l’autre les petites choses essentielles pour grandir et s’épanouir, ces petites choses qui leur ont toujours manqué.

Ce livre a été adapté au cinéma avec Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus. Je ne l'ai pas vu, mais j'ai bien hâte de savoir comment tous deux incarnent Germain et Margueritte.

dimanche 7 février 2010

Franz et Clara de Philippe Labro


Première phrase : "Tout à l'heure, en levant les yeux du livre que j'étais en train de lire, j'ai vu, par la baie vitrée ouverte sur la forêt, un papillon blanc traverser l'espace."
L’histoire : Clara a 20 ans. Elle est violoniste dans l’orchestre de la ville de Lucerne en Suisse. Tous les midis, elle vient s’asseoir sur un banc face au lac des Quatre-Cantons pour y diluer sa solitude. Un jour de printemps, elle aperçoit un petit garçon, assis à l’autre bout de “son” banc. D’abord agacée, elle est ensuite intriguée par ce petit bonhomme qui vient là pour manger ses sandwiches en triangle. La conversation s’engage. Le petit se nomme Franz, il est pensionnaire au Kurslar College de l’autre coté du pont. Et il reviendra tous les midis de ce même printemps pour remonter le moral de Clara, qui a le coeur brisé. Et la pousser à devenir ce qu’elle a toujours voulu être : une soliste. Le destin les sépare, Clara laisse Franz et son banc pour partir à Londres.
10 ans plus tard après un concert à Chicago, Clara va se rendre compte que le petit Franz a bien grandi…
Mon commentaire : On s’attache vraiment aux deux personnages. Leur histoire est un peu robambolesque et les envollées lyriques de Franz, certs surdoué, sont un peu étranges pour son âge. Mais la fiction opère et on adhère. Mais les retrouvailles de Franz et Clara sont bien trop éphémères. Au moment où la vie les réunit, le lecteur est laissé sur le carreau. On aimerait en savoir un peu plus, nous qui avons été conviés à tous leurs déjeuners et à tous leurs échanges sur leur banc suisse. Il est vrai, le livre porte sur l’éphémère (voir le prologue sur le papillon qui virevolte), mais on aimerait vraiment que la fin ne soit pas aussi éludée. Lorsque leur histoire devient réelle, crédible, on n’en apprendra pas plus. J’ai eu l’impression qu’on nous retirait le tapis sur lequel on s’était tranquillement assis.

vendredi 5 février 2010

Gente de Natsume Ono


La mangaka Natsume Ono s'est tellement attachée à ses peronnages de Ristorante Paradiso qu'elle a voulu passer plus de temps avec eux. Elle leur a donc consacré une série, du nom de Gente. Dans la chronologie de l'histoire, Gente se situe bien avant Ristorante Paradiso. On retrouve donc Claudio le maître d'hôtel, Teo et Vanna les cuisiniers, Vito et Luciano les serveurs, Gigi le sommelier. Chaque chapitre est une tranche de leur vie. Les personnages gagnent en épaisseur, on en apprend beaucoup sur leur vie privée. Bien sûr, le restaurant est ce qui les lie tous. Mais là où l'action de Ristorate Paradiso se situait presque essentiellement dans le restaurant, avec cette intrigue-ci, on sort dans la campagne romaine. Le trait des dessins est toujours aussi particulier, acéré, élégant. Et c'est un plaisir de retrouver les employés de la Casetta dell'orso. Vivement la sortie des 2 prochains volumes !

Bookshelve et piles à lire


J'avais eu l'idée de vous demander en ce début d'année des photos de livres, en piles. Soaz m'avait envoyé de bien jolies photos que j'attendais de publier en mosaique en attendant les photos de Fré et d'Adonide. Du coup, j'avais un peu mis ce projet de côté. Et puis je suis allée faire un tour sur le net ce matin et je suis tombée sur ce site : http://bookshelves.tumblr.com/

Qui répertorie des photos de styles très différents de livres alignés, empilés, rangés, en désordre. Bref, des livres dans tous leurs états. Et ça m'a rebranchée sur le projet photos de piles à lire. J'ai saisi mon téléphone et pris une photo d'un bout de ma bibliothèque. J'aime bien aussi les peintures de femmes qui lisent. Je commence à en avoir une petite collection. Donc voici des livres et une femme qui lit dans une bibliothèque. Et vous, pourriez-vous m'envoyer vos photos de livres pour que je puisse les publier ici ? Avec pourquoi pas un petit commentaire ?

jeudi 4 février 2010

La traversée de Philippe Labro


Première phrase : Ils sont debout, en un seul rang serré, en ligne droite, le long du mur blanc (ou bien est-il jaune clair) et ils sourient tous.
L'histoire : Le journaliste et écrivain Philippe Labro a vécu ce que l'on appelle une NDE (Near Death Experience) autrement dit, une expérience de mort approchée. C'est lors d'un séjour en réanimation que l'auteur a vu la mort de près. C'est le journal de ses jours sans heures qu'il publie ici. Ses doutes, ses souffrances, ses visions, ses angoisses ses luttes et ses apaisements une fois revenu à la vie.
Mon commentaire : Ce témoignage est d'une grande force. Parce qu'il parle de la mort imminente et de son avers, l'instinct puissant de vie. Des images de sa vie lui reviennent, et dans son état commateux, Philippe Labro tisse et retisse les liens de ces histoires éparses qui ont fait sa vie. Parfois il lâche prise et se sent comme aspiré, parfois il reçoit la visite de ses chers disparus venus lui sourire, parfois il s'accroche aux vivants. C'est cette vie entre-deux qui est décrite ici, pleine d'images, de mirages et de fortes sensations. C'est beau et ça nous fait réfléchir. Parce que Philippe Labro en est revenu, qu'il témoigne et que son état d'esprit s'en trouve définitivement changé. Une belle expérience à partager.